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43 % des agriculteurs français gagnent moins que le SMIC

  • 04.06.26
  • Revenu vital

Etat des lieux de la rémunération des agriculteurs en France selon l’Observatoire de la Rémunération Agricole Equitable.

Près d’un agriculteur sur deux sous le seuil du SMIC

Le 28 avril 2026, l'ONG Max Havelaar France présente « Nourrir à découvert », la première étude de l'Observatoire de la Rémunération Agricole Équitable, à l'Assemblée nationale.

Basée sur l'analyse de 7 000 exploitations agricoles françaises entre 2015 et 2024, l'étude révèle que 43 % des agriculteurs et agricultrices ont perçu en moyenne un revenu inférieur au SMIC au cours des dix dernières années. Ce n'est pas l'effet d'une mauvaise récolte ou d'une crise passagère : c'est un phénomène structurel, qui s'aggrave. 54 % des exploitants gagnent par ailleurs moins que le revenu médian des salariés français.

Ces chiffres rappellent une réalité souvent invisible pour les consommateurs et consommatrices : derrière les produits alimentaires du quotidien, de nombreux agriculteurs et agricultrices peinent à obtenir une rémunération suffisante, malgré leur travail et leur rôle essentiel dans notre alimentation.

4,7 milliards d’euros manquent chaque année pour garantir un revenu minimum

L’étude a cherché à mesurer l’écart entre les revenus agricoles actuels et un niveau de rémunération minimal équivalent au SMIC.

Sur la dernière décennie, il aurait fallu en moyenne 3,3 milliards d'euros supplémentaires par an pour garantir ce revenu minimum à l'ensemble des exploitations. Sur les deux années les plus récentes — 2023 et 2024 — ce manque a atteint 4,7 milliards d'euros annuels, un niveau sans précédent.

Un sujet au cœur des débats politiques

La publication de cette première étude intervient dans un contexte particulièrement sensible.

Alors que le Parlement examine la loi d'urgence agricole, la question de la rémunération reste l'un des principaux enjeux soulevés par les organisations agricoles, les acteurs du commerce équitable et de nombreux citoyens et citoyennes — sans que le texte proposé par le gouvernement n'en fasse un axe central.

Au-delà des enjeux économiques, cette situation pose également la question de la capacité du secteur agricole à assurer sa transition écologique, à renouveler les générations d’agriculteurs et agricultrices et à garantir la souveraineté alimentaire française.

Comment demander davantage de pratiques durables, de qualité ou de résilience climatique lorsque près de la moitié d’entre eux ne parvient déjà pas à atteindre un revenu équivalent au salaire minimum ?

Une étude pour objectiver le débat

Avec l’Observatoire de la Rémunération Agricole Équitable, Max Havelaar France souhaite apporter des données concrètes au débat public et contribuer à identifier les leviers permettant d’améliorer durablement la rémunération des agriculteurs et agricultrices. L’objectif : mieux comprendre les mécanismes qui conduisent à la précarisation d’une partie du monde agricole et favoriser des solutions pour une agriculture plus juste et plus résiliente.