Harouna Kountchebe – producteur de cacao en Côte d'Ivoire
« Le développement du cacao commence par la dignité de ceux qui le produisent. »
À 32 ans, Harouna Kountchebe est producteur de cacao et fils de planteur. Il a grandi au cœur des plantations de cacao et de café, développant dès son plus jeune âge une connaissance concrète des réalités agricoles et du travail de la terre.
Aujourd’hui président de la coopérative SCOOPAT, il en est un acteur central et contribue à porter une vision du cacao fondée sur la structuration de la filière, le développement local et la valorisation du travail des producteurs.
Autodidacte, Harouna a construit son expérience directement sur le terrain, au contact des producteurs et des plantations. En 2018, son installation dans la zone frontalière de Toulepleu marque une nouvelle étape dans son parcours. Dans ce territoire à fort potentiel, il participe au développement d’une organisation agricole structurée et engagée.
« Avant la création de notre coopérative, nos parents rencontraient des difficultés à vendre leur cacao. Nous avons donc décidé de nous mettre ensemble, de créer une organisation [..] avec pour objectif d'améliorer les conditions de vie de nos producteurs. »
Une coopérative structurée autour de la qualité et du collectif
La SCOOPAT rassemble aujourd’hui plus de 1 905 producteurs et dispose d’une capacité de production de 5 000 tonnes. La coopérative s’appuie sur des exigences élevées en matière de traçabilité et de qualité.
« Grâce à l’engagement des planteurs, nous sommes partis de 144 membres en 2018. Aujourd’hui, la SCOOPAT regroupe 1 905 membres, avec une production estimée à plus de 5 000 tonnes de cacao. »
Sous l’impulsion d’Harouna, elle a renforcé ses pratiques post-récolte, développé l’utilisation d’outils numériques et mis en place des activités génératrices de revenus, notamment à destination des femmes et des jeunes.
Pour lui, le cacao représente bien plus qu’une matière première : il incarne un territoire, une histoire et un savoir-faire collectif. Chaque fève reflète ainsi le travail des producteurs et la dynamique portée par l’ensemble de la coopérative.
Le commerce équitable comme levier de transformation
L’engagement de la SCOOPAT dans le commerce équitable répond à une volonté de renforcer l’organisation collective et d’améliorer durablement les conditions de vie des producteurs.
« Nous avons choisi de nous engager dans le commerce équitable parce que nous voulions améliorer la vie de nos producteurs, mais aussi renforcer notre coopérative. Il ne suffit pas de produire : il faut aussi mieux s’organiser, être plus transparents et offrir de vrais services à nos membres. »
Aujourd’hui, cette démarche accompagne la professionnalisation de la coopérative et la mise en place d’actions concrètes pour ses membres.
« Aujourd’hui, le commerce équitable nous a permis de devenir plus professionnels et mieux organisés. Nous avons amélioré certaines pratiques agricoles, renforcé nos actions sociales et défini des priorités claires pour accompagner nos producteurs. »
Construire une filière durable et tournée vers l’avenir
Grâce au commerce équitable, la coopérative a également développé plusieurs initiatives collectives, notamment des groupes d’épargne communautaire, des activités de transformation du cacao et des actions visant à renforcer les services proposés aux producteurs.
« Grâce au commerce équitable, nous avons pu lancer plusieurs initiatives importantes pour nos membres et nos communautés. Nous avons notamment mis en place des groupes d’épargne communautaire, développé des activités de transformation du cacao et renforcé l’accès aux services pour les producteurs. »
Aujourd’hui, Harouna souhaite poursuivre cette dynamique en renforçant les compétences de son équipe, en accompagnant la montée en puissance des membres de la coopérative et en construisant des partenariats commerciaux durables.
« Le commerce équitable constitue un levier important pour relever nos défis et mieux nous projeter dans l’avenir, notamment grâce aux actions que nous développerons . »
Son approche repose sur une conviction forte : le développement du cacao passe par une meilleure valorisation de celles et ceux qui le produisent, à travers une chaîne de valeur plus équitable, structurée et tournée vers l’avenir.