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Chute du prix du cacao en Côte d’Ivoire : la branche suisse du chocolat doit prendre ses responsabilités

  • 11.09.26
  • Système Fairtrade
  • Cacao

En Côte d’Ivoire, le prix du cacao fixé par l’État chute de 57% par rapport à l’année précédente au début de la nouvelle campagne principale. Pour de nombreuses familles productrices de cacao, cette baisse entraîne une perte de revenus considérable. Fairtrade Max Havelaar appelle donc l’industrie suisse du chocolat à assumer ses responsabilités et à payer volontairement des prix plus élevés.

cacaoculteurs au travail
cacaoculteurs au travail

La Côte d’Ivoire est le premier pays producteur de cacao au monde. Le prix versé aux cacaoculteurs et cacaocultrices de Côte d’Ivoire pour leur récolte est fixé par l’État. Pour le début de la nouvelle campagne principale, il a été établi à 2850,61 euros la tonne. Au début de la campagne principale précédente, ce montant était encore plus de deux fois supérieur. Le cours mondial du cacao se situe actuellement autour de 5100 euros la tonne.

Cette forte baisse des prix affecte durement les familles productrices de cacao. Elles font déjà face à des coûts de production élevés, à de faibles rendements ainsi qu’aux conséquences du changement climatique. Alors que leurs recettes diminuent désormais nettement, les coûts liés à l’exploitation de leurs fermes et à leurs besoins quotidiens restent largement inchangés. Pour de nombreuses familles productrices de cacao, cette situation accentue encore des difficultés financières déjà importantes.

« Une baisse de prix de 57% en l’espace d’un an est considérable pour les familles productrices de cacao. Le coût de la vie et les dépenses nécessaires à l’exploitation de leurs fermes, eux, ne diminuent pas. Après les fluctuations extrêmes des prix de ces dernières années, il faut davantage de prévisibilité au début de la chaîne d’approvisionnement. Les entreprises qui souhaitent s’approvisionner en cacao sur le long terme doivent veiller à ce que les personnes qui le produisent puissent vivre de leur travail », déclare Fabian Waldmeier, CEO de Fairtrade Max Havelaar.

Le prix minimum Fairtrade atténue la chute des prix

Pour les cacaoculteurs et cacaocultrices certifiés Fairtrade, le filet de sécurité éprouvé de Fairtrade entre désormais en jeu : comme le nouveau prix fixé pour le cacao de Côte d’Ivoire est inférieur au prix minimum Fairtrade, les acheteurs de cacao Fairtrade doivent payer le prix minimum Fairtrade, plus élevé. Celui-ci a récemment été relevé par Fairtrade et s’élève à 3200 euros la tonne. Les coopératives Fairtrade de Côte d’Ivoire reçoivent ainsi actuellement 349,39 euros supplémentaires par tonne de cacao.

À cela s’ajoute la Prime Fairtrade, qui doit être versée indépendamment du prix du marché. Elle s’élève à 250 euros la tonne. Au total, les coopératives certifiées Fairtrade reçoivent donc environ 600 euros de plus par tonne que les coopératives non certifiées. Sur ces fonds supplémentaires, les coopératives peuvent investir 150 euros dans des projets collectifs, tandis que 450 euros doivent être versés aux cacaoculteurs et cacaocultrices. Ces montants constituent un soutien substantiel pour amortir ce choc de prix, dont ne bénéficient pas les cacaoculteurs et cacaocultrices non certifiés Fairtrade. Or, ceux-ci représentent la grande majorité des personnes cultivant du cacao en Côte d’Ivoire.

Appel à la branche suisse du cacao et du chocolat

Fairtrade Max Havelaar appelle donc également les entreprises qui ne font pas partie du système Fairtrade à agir. Elles peuvent payer volontairement davantage pour le cacao et contribuer ainsi à atténuer les conséquences de la baisse actuelle des prix pour les cacaoculteurs et cacaocultrices.

«Notre appel s’adresse à l’ensemble de la branche suisse du chocolat. Les entreprises qui ne travaillent pas avec Fairtrade peuvent elles aussi envoyer un signal fort et s’engager à payer au moins un niveau de prix correspondant au prix minimum Fairtrade, auquel s’ajoute la prime Fairtrade. Dans une telle situation, il faut de la solidarité et une responsabilité à long terme tout au long de la chaîne d’approvisionnement », déclare Waldmeier. 

Des revenus plus stables pour les cacaoculteurs et cacaocultrices ne relèvent pas seulement d’une question sociale. Ils constituent également une condition importante pour pérenniser la culture du cacao et renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement de l’industrie chocolatière.