Superlist Social 2026 : le café reste le grand angle mort des engagements des supermarchés belges
Le rapport Superlist Social 2026 démontre que des progrès en matière de droits humains dans les chaînes d’approvisionnement des supermarchés sont possibles. Certaines enseignes identifient mieux leurs chaînes à haut risque et des avancées concrètes sont visibles dans le cacao et la banane, notamment en matière de revenu vital et de salaire décent. Ces développements doivent être reconnus. Mais ils demeurent insuffisants, fragmentés et trop peu structurels, en particulier lorsque l’on se penche sur le secteur du café.
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Des avancées ponctuelles qui ne changent pas encore le système
Les conclusions de Superlist Social 2026 confirment des constats bien connus de la société civile et des organisations Fairtrade :
- Les efforts en matière de revenu vital et de salaire décent restent majoritairement limités à des projets pilotes, sans intégration systématique dans les politiques d’achat.
- Les enjeux liés aux droits des femmes dans les chaînes d’approvisionnement continuent d’être largement négligés.
- La transparence reste partielle, avec une communication sélective qui rend difficile l’évaluation de l’impact réel et du respect du devoir de vigilance.
Cette approche fragmentée fragilise les progrès annoncés et ralentit la transformation des filières à haut risque.
Le café : une priorité ignorée malgré des risques humains et climatiques majeurs
Le déséquilibre entre filières est particulièrement préoccupant. Alors que le cacao bénéficie désormais d’une attention accrue, le café reste largement en retrait, malgré des risques structurels bien documentés : revenus extrêmement bas pour les producteur·rice·s, travail précaire, pression sur les droits humains et vulnérabilité croissante face au changement climatique.
Les avancées vers un revenu vital dans le secteur du café sont aujourd’hui marginales, alors même que le café est un produit central pour les distributeurs belges et un pilier économique pour des millions de petits producteur·rice·s.
Pour Fairtrade, cette situation met en évidence un manque de due diligence ambitieuse et cohérente dans le secteur du café. Sans mécanismes clairs sur les prix, les volumes et le partage de la valeur, les engagements restent symboliques et n’améliorent pas durablement les conditions de vie des producteur·rice·s.
Vers une alliance belge multipartite pour un café durable
Afin d’atteindre un impact durable, équitable et mesurable dans le secteur du café en Belgique, il est nécessaire de rassembler l’ensemble des acteurs autour de la table : distributeurs, torréfacteurs, pouvoirs publics, ONG, organisations de producteur·rice·s, monde académique et expert·e·s climatiques.
BASCOF : construire ensemble une industrie du café durable en Belgique
Sur le modèle de l’initiative Beyond Chocolate pour le cacao, une Belgian Alliance for Sustainable Coffee (BASCOF) pourrait constituer un cadre commun pour : - aligner les attentes et les responsabilités en matière de revenu vital, - renforcer le devoir de vigilance sur les droits humains, - coordonner les actions sur le terrain, y compris sur l’égalité de genre, - assurer un suivi transparent et collectif des engagements pris, - intégrer pleinement les enjeux d’adaptation climatique, indispensables à la résilience des communautés caféières.
En savoir plus sur BASCOF
Fairtrade : des outils éprouvés pour passer à l’échelle
Les Standards Fairtrade offrent déjà des solutions concrètes pour augmenter les revenus des producteur·rice·s, renforcer leur pouvoir de négociation et ancrer le respect des droits humains et de l’environnement dans les pratiques commerciales.
Les consommateur·rice·s sont prêt·e·s. Les solutions existent. Ce qui manque aujourd’hui, c’est une ambition collective et structurée, en particulier dans le secteur du café.
Comme le montre Superlist Social 2026, le changement est possible. Il est temps de faire du café une priorité.