Navigation principale

Main Navigation

Travailler ensemble pour un revenu décent : immersion dans le projet cacao Boni en Côte d’Ivoire

  • 08.06.26

Début mars, Fairtrade Belgium s’est rendu en Côte d’Ivoire avec Colruyt Group et sa Fondation, Puratos, Rikolto et Eight, pour observer sur le terrain l’impact du projet Boni Living Income après un an. Ce voyage intense a marqué tout le monde. Avec de nouveaux apprentissages et encore plus d’énergie, les partenaires sont prêt·e·s à poursuivre cette collaboration unique.

Projet Living Income Boni
Projet Living Income Boni

Bien joué !

Vous les avez sans doute déjà repérées dans les rayons Colruyt : les tablettes de chocolat Boni, disponibles en 10 saveurs, avec le label Fairtrade et le label « Bien joué ». Délicieuses, elles contribuent aussi à un revenu décent pour les producteur·rice·s de cacao qui les rendent possibles. Ce projet, lancé en 2020 comme pilote avec une seule tablette, s’est étendu en 2024 à toute la gamme Boni. De nouveaux partenaires ont également rejoint l’initiative. Après plus d’un an de collaboration à distance, tout le monde souhaitait se rencontrer pour voir concrètement comment le projet fonctionne sur le terrain et identifier les pistes d’amélioration.

Chocolat Boni

Le voyage commence à N’zidrikro, où la coopérative Scoopaged fournit des fèves de cacao à Puratos. Grâce au programme Cacao-Trace, intégré au projet, les fèves sont de haute qualité et les producteur·rice·s reçoivent un accompagnement technique sur leurs parcelles. Elles et ils bénéficient notamment d’engrais organiques et de la plantation d’arbres fruitiers et d’ombrage, pour des plantations plus saines et plus riches en biodiversité.

Fairtrade Africa soutient également un groupe local d’épargne de femmes, dont certaines suivent une formation à la Women’s School of Leadership. Les producteur·rice·s sont aussi accompagné·e·s dans l’utilisation de « farm record books », des carnets qui permettent de suivre précisément leur production, leurs revenus et leurs dépenses.

Toutes ces actions renforcent leur résilience dans un marché complexe. Pourtant, à notre arrivée à N’zidrikro, le sujet de préoccupation principal reste le prix du cacao. Le gouvernement ivoirien vient en effet de réduire fortement le prix réglementé, ce qui constitue un coup dur pour de nombreux·ses producteur·rice·s. Mais pas pour celles et ceux impliqué·e·s dans ce projet. Grâce à l’engagement de Colruyt Group, ils et elles bénéficient d’un prix de référence pour un revenu décent (« living income reference price »).

Projet Boni Living Income

Ces échanges donnent lieu à des moments forts, le premier soir, alors que tout le monde s’abrite de la pluie battante dans une école construite grâce au projet. Lorsque la pluie cesse, la musique démarre et une fête de village s’improvise jusqu’au petit matin. Les équipes venues de Belgique se retirent vers minuit pour dormir, sous moustiquaire, dans une salle de classe transformée en dortoir — une expérience rendue possible par l’incroyable hospitalité locale.

Le lendemain, direction San Pedro, sur la côte. Le long trajet en voiture révèle l’ampleur de la déforestation liée à la culture du cacao, du caoutchouc et de l’huile de palme. On estime que 90 % de la forêt tropicale originelle a disparu ces 60 dernières années, en grande partie pour planter du cacao. Les efforts de Fairtrade, et dans ce projet ceux de Puratos, pour inverser cette tendance sont donc essentiels.

C’est un constat partagé par la coopérative ECSP à Daregba, autre fournisseur de cacao pour les tablettes Boni.

Au-delà de la sensibilisation, la diversification des revenus est aussi clé pour réduire le risque de déforestation. Les ONG belges Rikolto et Eight y contribuent, avec le soutien de la Fondation Colruyt Group. Rikolto coordonne notamment un groupe d’épargne et un projet d’élevage de poules. Eight met en place un transfert d’argent mensuel pour les habitant·e·s, sans conditions.

Les effets sont concrets : beaucoup de personnes utilisent cet argent pour lancer une activité — salon de coiffure, location de chambres froides, élevage de porcs… Cela permet aussi de financer la scolarité des enfants, jusqu’à l’enseignement supérieur, et de réduire le risque que des enfants doivent travailler.

Ce projet montre clairement que c’est la combinaison des partenaires et des actions qui fait la différence. Chaque intervention renforce les autres. Il reste toutefois des pistes d’amélioration, notamment pour renforcer la collaboration sur le terrain. Ce voyage y contribue fortement : chacun·e apprend à se connaître et les partenaires belges comprennent mieux les priorités locales.

« La durabilité, c’est avant tout une question de collaboration. Nous avons toutes et tous le même objectif. Penser en termes de “nous” contre “eux” ou de concurrence est une perte d’énergie. L’essentiel, c’est que les producteur·rice·s en tirent un réel bénéfice. »
- Karen Janssens, Sustainability Manager chez Colruyt Group