Les prix du cacao Fairtrade changent : une bonne nouvelle pour les producteur·rice·s ét les fans de chocolat
Le monde du cacao est sous pression. Ces dernières années, les prix du cacao ont joué au yo-yo : d’abord un record historique, puis une forte baisse. Parallèlement, les producteur·rice·s de cacao font face à des défis sans précédent : récoltes perdues en raison de pluies extrêmes ou de sécheresse, maladies des plantes, hausse des prix des engrais et du transport, ainsi que de nouvelles réglementations européennes sur la déforestation et la production biologique, qui entraînent des coûts et de l’administration supplémentaires.
Au milieu de toutes ces fluctuations, une chose reste inchangée : les producteur·rice·s de cacao gagnent le plus souvent toujours pas un revenu décent.
C’est pourquoi Fairtrade annonce de nouveaux prix plus élevés pour le cacao, des prix qui offrent plus de sécurité aux producteur·rice·s et les aident à investir dans leur avenir.
Qu’est-ce qui change exactement ?
À partir de 2026, trois prix Fairtrade augmentent.
1. Un prix minimum Fairtrade plus élevé
C’est le filet de sécurité lorsque le prix du marché chute.
- Ghana : 3 500 USD/tonne (à partir du 1er octobre 2026)
- Côte d’Ivoire : 3 200 EUR/tonne (à partir du 1er octobre 2026)
- Autres pays : reste à 3 500 USD/tonne (augmenté en 2025)
Le prix minimum augmente de 45 % en Afrique de l’Ouest, d’où provient la majorité du cacao mondial.
2. Une prime Fairtrade plus élevée
La prime est un montant supplémentaire au-dessus du prix de vente, que les producteur·rice·s investissent collectivement dans leur organisation, leurs services aux membres et leurs communautés.
- Nouvelle prime : 275 USD/tonne (Ghana) ou 250 EUR/tonne (Côte d’Ivoire) (à partir du 1er octobre 2026 au Ghana et en Côte d'Ivoire, 11 juin 2026 pour le reste du monde)
Nouveauté : au Ghana et en Côte d’Ivoire, les coopératives devront à partir de 2026 verser au moins 40 % de cette prime en cash aux producteurs, plus des minimums obligatoires pour les investissements dans leur organisation, leurs services et les projets communautaires.
3. Une prime plus élevée pour le cacao biologique
Le Fairtrade Organic Differential augmente (à partir du 1er octobre 2026 au Ghana et en Côte d'Ivoire, 11 juin 2026 pour le reste du monde) de 50 % pour atteindre :
- 450 USD/tonne
- 410 EUR/tonne en Côte d’Ivoire
C’est un soutien important pour les producteur·rice·s confronté·e·s à des coûts élevés et à des règles bio européennes plus strictes.
Pourquoi ce changement est-il nécessaire ?
- Un marché extrêmement instable
Les prix du cacao sont passés de 2 500 USD/tonne (2022) à 12 000 USD/tonne (2024), puis ont redescendu vers 6 000 USD/tonne fin 2025.
De tels chocs sont catastrophiques pour les producteur·rice·s, qui ont besoin de revenus stables pour pouvoir investir.
Le prix minimum Fairtrade reste donc essentiel : lorsque les prix chutent, il offre une base fiable. - Des récoltes faibles et des coûts élevés
Au Ghana et en Côte d’Ivoire, les récoltes de cacao se sont effondrées en raison de longues périodes de pluie, de chaleur extrême, de maladies des plantes et du vieillissement des cacaoyers.
Pendant ce temps, les prix des engrais, de la main-d’œuvre et du transport augmentent. Beaucoup de producteur·rice·s gagnent donc moins qu’auparavant, même lorsque les prix mondiaux sont hauts. - Des règles européennes plus strictes
Les nouvelles règles de l’UE sur la déforestation (EUDR) et la certification bio exigent de lourds investissements en digitalisation, traçabilité, administration et formation.
Les primes et prix Fairtrade aident les producteur·rice·s à absorber ces coûts. - Les producteur·rice·s doivent pouvoir continuer à investir
Qu’il s’agisse de nouveaux plants, de meilleures installations de séchage ou de formations, sans sécurité sur leurs revenus, les producteur·rice·s ne peuvent pas transformer durablement leurs pratiques.
Les nouveaux prix leur donnent l’oxygène nécessaire.
Que signifie ce changement pour les producteur·rice·s ?
Les producteur·rice·s bénéficient de revenus plus stables, même lorsque le marché s’effondre. Ils et elles reçoivent également davantage d’argent directement, grâce à l’obligation de verser une partie de la prime en cash. Cela leur donne plus de marge d’investissement pour de meilleures récoltes, l’adaptation au climat et des communautés plus vivables. Enfin, le nouveau système offre plus de sécurité aux producteur·rice·s qui souhaitent passer au biologique. En bref : cela les rend plus résilient·e·s dans un secteur qui n’a presque plus de prévisibilité.
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Que signifie ce changement pour les entreprises et les consommateur·rice·s ?
Pour les entreprises, cela signifie des relations plus solides et plus durables avec les coopératives, crucial en période de pénurie de matières premières. Les entreprises qui investissent dans Fairtrade construisent une chaîne d’approvisionnement plus résiliente et réduisent leurs risques. Pour les consommateurs, cela signifie tout simplement que choisir du chocolat Fairtrade contribue à un revenu plus juste pour les producteur·rice·s et à l’avenir du cacao.
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Questions fréquemment posées
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Les prix du chocolat vont-ils augmenter à cause de cela ?
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Chaque producteur·rice recevra-t-il/elle ou elle automatiquement plus d’argent ?
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Pourquoi existe-t-il une différence entre les pays ?
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Les producteur·rice·s bio reçoivent-ils/elles suffisamment de soutien avec ces nouveaux montants ?
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Pourquoi les primes en Afrique de l’Ouest doivent-elles désormais être réparties selon des pourcentages fixes ?